Le handicap mental au Sénégal

Qu’est-ce que la déficience mentale ? Qui sont les déficients mentaux ?

Grâce à l’OMS (dès 1954), les personnes déficientes mentales ont été bien identifiées : elles sont définis comme des personnes à intelligence globale incomplète ou insuffisante, l’intelligence pouvant être déficiente au niveau général, scolaire ou social.

Quelle que soit la situation, c’est le niveau intellectuel qui est atteint et qui a pour conséquence une difficulté d’adaptation sociale, scolaire et professionnelle de ces personnes. _En fait, on a tort de le croire, ce ne sont pas seulement les déficients intellectuels purs que sont les débiles mentaux qui sont concernés. Ce sont aussi toutes les personnes qui, en raison d’une maladie psychique particulière, n’arrivent plus à pouvoir jouir de leur intelligence pour la bonne raison que cette faculté, en fin de compte, se trouve bloquée comme chez les arriérés mentaux authentiques chez lesquels un processus lésionnel est mis en cause. Et si l’on n’y prend garde, tous ces handicapés intellectuels quels qu’ils soient risquent de devenir de véritables handicapés mentaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles, il est indispensable d’abord de bien les identifier sous toutes leurs formes pour mieux les gérer par la suite.

Il faut en effet distinguer :

Les vrais déficients intellectuels

Encore appelés "arriérés mentaux", "débiles mentaux", "oligophrènes", ils sont atteints organiquement au niveau cérébral et présentent une déficience mentale irréversible. Les causes de ces déficiences peuvent être d’origine héréditaire, constitutionnelle ou congénitale, liées à une atteinte précoce du produit de conception : il peut s’agir d’une trisomie 21, d’une phacomatose, d’une angiomatose ou d’autres maladies beaucoup plus complexes…En tout cas, ce sont des causes spécifiques ou non spécifiques comme dans certaines formes de malformations familiales qui apparaissent de manière inconstante et indéterminée (microcéphalie de certaines familles par exemple).

Elles peuvent être utérines : le fœtus est atteint dans sa vie intra-utérine : traumatismes, infections, hémorragies, causes toxiques, nutritionnelles, radiologiques ou autres, lésionnelles ou biologiques…

Elles peuvent être périnatales, le nouveau-né étant alors atteint au moment de sa naissance par un traumatisme, une infection, une anoxie, une hémorragie…Parfois, il s’agit d’une prématurité tout simplement, l’enfant naissant bien avant terme et débutant sa vie de manière immature.

Enfin, les causes peuvent être post-natales : infections (méningites, encéphalites), traumatismes, hémorragies, causes toxiques et nutritionnelles…En tout cas, toute cause pouvant atteindre le cerveau dans son développement extra-utérin.

Les déficients intellectuels de causes autres, essentiellement psycho-sociales culturelles ou secondaires à d’autres affections psychiatriques.

Ces types de déficience mentale sont en fait différents des autres formes parce que très souvent réversibles si on intervient de manière précoce et adéquate dans la prise en charge. Ces états de déficience mentale se rencontrent chez des sujets vivant dans des familles à problèmes, à risques ou sans qualité, chez des enfants confiés, en orphelinat, abandonnés, négligés, maltraités ou victimes de sévices…

Ces enfants possèdent des structures cérébrales intactes mais peuvent être négligés de manière chronique et de ce fait ne sont pas stimulés correctement au plan intellectuel. Certains auteurs parlent d’hospitalisme.

Ces déficients sont catégorisés retardés mentaux dans la mesure où l’intervention précoce les améliore. D’autres enfants deviennent déficients du fait d’une pathologie psychiatrique soit avérée, soit imprécise, soit mal cernée : dépression, psychose, dysharmonie évolutive, psychose à expression déficitaire dans laquelle surtout la cause est vraiment incertaine…

Distinguons enfin les déficients intellectuels électifs ou partiels

Tels les dyslexiques, les dysorthographiques et certains qui présentent des troubles du langage. Dans ces derniers cas, ce sont surtout les troubles instrumentaux qui dominent.

L’erreur à ne pas commettre est le fait de confondre les enfants à déficience sensorielle ou certains épileptiques à des enfants déficients intellectuels. Du fait de leur déficit sensoriel ou de leur blocage intellectuel passager lors des crises épileptiques, ces enfants peuvent induire en erreur et faire penser à des déficients intellectuels, ce qui peut être considéré comme des erreurs graves vu que ces enfants peuvent être traités assez rapidement dès que le diagnostic réel est établi. Il ne faut quand même pas perdre de vue qu’une épilepsie mal traitée ou mal contrôlée peut à tout moment entraîner un état de débilité mentale par anoxie puis lésion cérébrale.

L’autre erreur à ne pas commettre aussi est le fait de méconnaître les déficients mentaux hyper stimulés qui évoluent dans des milieux très nantis et qui passent pour des enfants normaux alors qu’il s’agit de véritables déficients intellectuels.

Finalement donc qui est le déficient mental :

Appelé autrefois l’idiot, l’imbécile, le demeuré, le dégénéré, le déficient mental est donc un être diminué intellectuellement, aux capacités cognitives réduites, insuffisantes, limitées. C’est une personne qui a des difficultés de compréhension, d’assimilation, de communication et d’apprentissage à des degrés divers suivant les cas. Il est très souvent confronté à des difficultés d’adaptation et de ce fait est pratiquement toujours dépendant, son autonomie restant constamment limitée.

Certains sont ’rééducables’, d’autres ne le sont que partiellement, d’autres enfin resteront à jamais irrécupérables. Dans les cas bénins où le cerveau est resté intact, la situation est cependant loin d’être dramatique, le problème étant tout simplement un problème de diagnostic et de soins ; en somme, il suffit d’intervenir à temps et de ne pas passer à coté d’une situation cliniquement gérable avant qu’elle ne se "chronicise".

Ces sujets sont parfois très doux, dociles, suggestibles, exploitables à merci : dans ce cas, ils sont considérés harmonieux et deviennent du fait de leur docilité, des jouets pour les autres ; on les fait danser, on les fait chanter, on les utilise pour les commissions ou les travaux les moins acceptés par les autres. D’autres peuvent, au contraire, être très difficiles, têtus, capricieux, caractériels, névrosés, psychopathes ou psychotiques : ils sont alors considérés dysharmonieux et sont les déficients les plus exposés aux sévices.

Au Sénégal, et en Afrique en général, être déficient mental implique de graves difficultés

La situation étant souvent complexe pour le commun des mortels, ces personnes demeurent souvent incomprises, marginalisées, ridiculisées, exploitées, brutalisées parfois. Certains parents préfèrent les cacher du fait des sentiments de honte qui les habitent, d’autres les abandonnaient purement et simplement dans la nature, à la merci de tous les dangers. Si les parents agissent ou agissaient ainsi, c’est le plus souvent, uniquement par incompréhension, découragement, impuissance.

Le résultat est cependant pratiquement pareil dans tous les cas : il demeure une situation de rejet touchant des êtres totalement innocents.

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